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Je ne sais pas qui visite un site, mais...

Je ne sais pas qui visite un site. C'est parfaitement vrai quand je n'ai pas accès aux statistiques dudit site. Il n'en va pas autrement pour mes sites. Même si je peux avoir accès à des statistiques précises, les intenautes restent anonymes.

Malgré l'anonymat des visites, il est possible de donner quelques pistes pour rendre visible le protestantisme sur le web. Les blogs sont nos meilleurs outils, voici pourquoi.

L'exemple de Théologiquement vôtre

On peut s'indigner que les journalistes, encore et toujours, parlent d’évangélistes plutôt que d’évangéliques. Et le dire haut et fort dans des statuts publiés sur les réseaux sociaux (je l'ai fait plusieurs fois..). Ces publications disparaîtront aussitôt des radars; l'erreur perdurera.

Ou l'on peut prendre sa plume et proposer une explication intelligente sur la différence entre évangélique et évangéliste comme l'a fait Philippe Golaz.

Le résultat est clair. Une recherche sur évangélique ou évangéliste donne le blog Théologiquement vôtre dans les premiers résultats, voire en première position. Et voilà que des grands médias français citent le blog, qui devient de fait une référence. LCI et La Croix, excusez du peu. Dans la durée, cette page restera bien référencée; c'est important.

Une petite recherche dans un outil de SEO (Yooda Insight), permet de voir que le même blog ressort bien pour une requête comme jesus david lachapelle. Évidemment, il ne faut pas s'attendre à des centaines de visiteurs quoditiens sur ce sujet pointu. Mais c'est une excellente nouvelle de savoir que des personnes qui s'intéressent à la figure du Christ dans la photographie de David Lachapelle aboutiront là (et pas ailleurs).

Enfin, je me réjouis de voir comment évoluera le billet Jésus, l'Église, et Kanye West dans la durée. Je prends les paris pour dire que cette page sera aussi, à sa manière, une référence dans peu de temps.

Philippe Golaz, en publiant sur son blog, donne du crédit à une lecture réformée de l'actualité. Il se positionne comme référence dans plusieurs domaines. Il rend visible sa paroisse de Meyrin.

L'exemple des contes de Noël

Ma femme Diane Friedli propose depuis plusieurs années des contes de Noël sur son blog. Ces dernières semaines, plusieurs centaines d'internautes ont visité ses pages de contes (et ça continue et s'accélère). Le schéma se reproduit chaque année, ce qui a suscité une réflexion sur le partage:

Un ministère de la Parole doit-il se cantonner à celles et ceux qui se trouvent dans le même périmètre géographique ou le même cadre horaire que le-la pasteur.e?

[…] le partage de nos textes devient plus qu’une opportunité, je crois que cela relève de notre devoir.

Là derrière, des enjeux théologiques, pastoraux et ecclésiaux. Une fois encore, à l'exception de quelques personnes qui ont laissé un commentaire, je ne sais pas qui est venu sur le site.

Mais me vient la réflexion suivante. Si tant de personnes arrivent sur le blog à cette période, c'est probablement qu'il n'y a pas tant de contes originaux disponibles en ligne. Verre à moitié plein ou verre à moitié vide.

Diane Friedli, en publiant des contes de Noël sur son blog, sort du schéma paroissial trop fréquent: distribuer toujours plus de flyers et répéter la date de la prochaine rencontre comme un mantra. Elle offre du contenu, utile et recherché. Elle rend visible son ministère, sa paroisse de La BARC et son Église réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN).

L'exemple de Je cherche Dieu

Le pasteur Marc Pernot répond quotidiennement à des personnes qui se posent des questions spirituelles. Plus de mille personnes différentes consultent son blog chaque jour (voir Presse sur la page Je cherche Dieu de Spiritualités protestantes).

Là encore, je n'ai pas de détails sur les internautes qui visitent ce site. Mais je sais, pour en avoir vu les statistiques, qu'elles viennent des quatre coins du monde. Vraiment!

Je m'en réjouis, évidemment; le verre à moitié plein. Mais je m'interroge aussi; le verre à moitié vide. Si toutes ces personnes passent par ce blog, cela peut signifier qu'elles n'ont pas accès à des livres de théologie, qu'elles n'ont pas accès à des pasteur.e.s, qu'elles estiment que leur pasteur.e. n'est pas la bonne personne pour le répondre ou qu'elles se trouvent dans des pays où le protestantisme / christianisme ne se dit pas publiquement. Ou, simplement, les pratiques contemporaines privilégient toujours une recherche Google.

Marc Pernot, en effectuant un travail pastoral en ligne, donne accès à des contenus autrement invisibles. Non seulement il parle à celles et ceux qui lui posent des questions, mais aussi à toutes les personnes qui s'en posent sans le dire. Il rend visible le protestantisme et le christianisme dans toute la francophonie. Il rend visible et son Église protestante de Genève (EPG).

L'exemple de la diaconie

Le diacre réformé amateur de café et de chocolat Jean-Marc Leresche propose ses réflexions sur le diaconat. Il fait un travail admirable pour dire les spécificités, émerveillements et difficultés du travail diaconal.

Un billet comme Orgueil? Vous n’y pensez pas propose tout ce qu'il est permis d'attendre d'un blog protestant aujourd'hui. Du contenu, des réflexions sur l'Église, des liens vers d'autres initiatives qui l'intéressent, etc. Connaissez-vous beaucoup de sites qui parlent de diaconat et de diaconie sur le terrain?

Jean-Marc Leresche, en s'exprimant du point de vue du diacre en paroisse, interroge le statut de ce ministère (en général) en même temps qu'il le définit (pour lui). Il donne une existence à un métier mal connu et nécessaire. Il rend visible sa paroisse de La Neuveville et son Église réformée du canton de Berne.

Conclusion

Est-il utile de conclure, sinon pour m'excuser auprès des blogueuses et blogueurs qui ne sont pas cité.e.s?

Nous pouvons continuer à nous satisfaire des J'aime et des commentaires éphémères sur les réseaux sociaux. Ou produire du contenu et le publier. Les blogs restent le meilleur outil pour faire vivre le protestantisme sur le web. Le reste n'est plus qu'esbroufe et paresse.

Merci à celles et ceux qui proposent et qui s'exposent; sans leurs blogs, ça serait pire.